5 bonnes raisons de sortir avec un Brun Ténébreux


J’ai toujours aimé les bruns ténébreux. Ils ont un truc.
Va savoir pourquoi,  le brun ténébreux est toujours PLUS.
Plus sexy. Plus hot. Plus sauvage. Plus bad boy. Plus aventurier. Plus sale. Plus chaleur. Plus tropical. Plus sensuel. Et caetera nec mergitur.

A contrario, le blond, lui, est sage, lisse, propre, sans poils, le genre de mec à te préparer des bons petits plats à base de tofu et de 5 fruits et légumes par jour, qui sourit tout le temps, qui est doux (caresse-le, il est doux, crois-moi) et qui ne dit jamais un mot plus haut que l’autre. Pas qu’il soit pas sympa, hein, mais à la longue, tout ça manque un peu de peps. Alors que le brun ténébreux, lui, met du poivre dans la vie, du piment dans les pâtes et il passe sa langue sur ses lèvres qu’il a toujours charnues (tu as remarqué ce truc? dingue, je te dis, dingue).
Par un fait exprès que je ne m’explique toujours pas, mes plus grandes histoires d’amour, ça a été avec des bruns ténébreux (coucou chéri!) Et par un deuxième fait exprès, mes plus grands chagrins d’amour ont été causés par des bruns ténébreux (coucou, bande de bâtards!). Alors que mes histoires les plus, les plus, les plus… comment te dire, les plus « On se marie on fait des enfants », chaque fois, les mecs étaient blonds.
De là à en conclure que les bruns ont peur de l’engagement, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas (quoi que..).
Quoi qu’il en soit, inutile de te dire que cette longue expérience m’a permis de te lister 5 bonnes raisons qui te convaincront qu’avec un brun ténébreux, la vie est décidément plus funky.

 

Le Brun Ténébreux est un bad boy

Sous ses cheveux noirs et sa peau mate, c’est un voyou, un chenapan, un brigand, un bandit de grand chemin,  un dealer de coke ou un braqueur de banques (coche la case qui te plaît). Il sent la magouille et les embrouilles à plein nez, il trempe dans des trucs louches, ce qui te permet de te sentir indispensable à son équilibre parce qu’avec toi, c’est sûr il se calme, il a trouvé son port d’attache, sa bouée de secours, ses poignées d’amour. Il saura te protéger dans les situations tendues, passer un bras protecteur autour de toi pendant qu’il en allonge une au mec à sa gauche qui a vainement tenté de te draguer. La classe, en toute circonstance. Le brun ténébreux est un vrai dur, c’est excitant. Jouer avec le feu, se mordre la langue et marcher sur des braises, à côté, c’est easy.
EXEMPLE: Dylan McKay, petite frappe qui s’est tapé tout ce que BH90210 a compté de minettes à frange et à sneakers. Dylan, je t’aime et j’ai gardé le poster de Girls spécial beaux gosses 92 si jamais tu veux bien me le dédicacer.

 

Le Brun Ténébreux est mystérieux

Les phrases de plus de 4 mots, c’est pas trop son truc. Il parle à peine, il ne peut pas vraiment d’ailleurs, vu qu’il machouille toujours un bout de bois ou un vieux chewing-gum et qu’entre les mots et la machouille, il a choisi son camp. Tu essaies bien de lui arracher quelques confidences au début, mais, lassée par les onomatopées qu’il te déclame comme d’autres diraient du Shakespeare, tu te résignes à ne communiquer avec lui que par des clignements d’yeux. Pas pratique, mais redoutablement efficace pour laisser planer le mystère. Un clignement=on baise, deux clignements=j’ai soif, trois clignements=t’es bonne bébé. Simple, rapide, net et sans bavure. Tu ne connais rien de son passé, rien de sa famille, et ça, c’est un énorme avantage. Parce que quand tu auras lu mon prochain article sur les Belles-Mères, tu comprendras mieux. Teaseeeeeeeeeer.

 

Le Brun Ténébreux est un aventurier

Personnellement, je n’ai toujours pas compris pourquoi, mais il n’aime que les plans galère, les rochers, les montagnes escarpées et les sports extrêmes. Cet été il part avec Terre d’Aventure et cet hiver il va se faire l’Amazonie. Lui, son sac à dos et ses chaussures de trek, ils vous font découvrir des contrées inconnues où on vit nu et où le sable est blanc. Il porte des foulards, des bracelets et des tatouages, souvent un jean déchiré et parfois même un chapeau mou. C’est moche, mais tu l’aimes. ATTENTION: ce point ne concerne pas le surf, le surf est réservé  aux blonds. J’aurais aimé te renvoyer pour cela aux 5 bonnes raisons de sortir avec un surfeur, mais je n’ai pas encore écrit cet article. Un jour viendra, et ce jour-là, Kelly Slater ne s’en remettra pas.

 

Le Brun Ténébreux est sauvage

Il se fout des conventions, et te bousculera à n’importe quel moment de la journée. Il s’avancera vers toi chemise entrouverte, laissant entrevoir la possibilité d’une main qui se faufile discrètement par l’encolure et qui s’égare sur un torse viril et velu et musclé et la chaleur de sa peau dorée par le soleil et les perles de sueur qui obligent à prendre une douche en plein après-midi dans la moiteur de l’été qui n’en finit pas sous un drap de lin négligemment rejeté au bout du lit et les pieds nus sur le sol de tomettes et la citronnade fraîche qui coule le long de ses lèvres et sa main dans ses cheveux le vent qui souffle légèrement le chant du coq qui NOUS RÉVEILLE WOW c’est pas un peu fini ce bordel???? Tu remets ta chemise, tu fermes les boutons et tu te calmes. Non mais oh.

 

Le Brun Ténébreux est un artiste

Maudit, certes, mais un artiste tout de même: il joue du ukulélé et du saxo, il sort toujours une guitare au bon moment dans les soirées, certain de son pouvoir d’attraction et sait même chanter et jouer et fumer et déboutonner sa chemise et tout ça avec ses lunettes de soleil qu’il ne quitte jamais on ne sait pas au cas où il y ait soudain trop de lumière dans cette nuit noire. Idéal pour frimer dans le genre « Mon mec à moi il me chante des chansons trop sexy », moins facile quand toutes les nanas viennent rouler du 90B sous son nez juste après. Les risques du métier, on ne peut pas tout avoir, j’ai envie de te dire. (Mais mon expérience a prouvé qu’un bon vieux coup de talon dans le nez en dissuadait plus d’une.)

Cette liste n’est évidemment pas exhaustive et libre à toi de nous faire partager ton expérience: tu feras avancer la recherche, une bonne action, en somme.
Bien entendu si tu veux me donner de l’argent au passage, surtout, feel free.
En attendant je vais me plonger la tête dans une bassine d’eau glacée.

P:S: Bradley si tu lis cet article, oublie ce que j’ai écrit. REVIENS ET MARIONS-NOUS.

Family affair

Ce soir je dîne avec mes parents.
Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, je crois bien que ça fait 34 ans.
Peut-être un peu plus, mais on ne va pas pinailler sur quelques années.
C’est sûr que depuis que mon père a disparu dans la nature, c’était devenu un peu compliqué de se retrouver, un jour à Paris, un jour à New York, un autre à Bruxelles et le lendemain en Allemagne, son travail ne lui a pas laissé beaucoup de répit. Sans compter ses vacances à Saint-Trop ou ses retraites dans les Vosges, on a bien eu du mal à le localiser, le bougre.

Je crois que ma mère a essayé, à quelques reprises, de lui faire comprendre que de se voir, au moins de temps en temps tous les trois, ce serait bien, que « ça éviterait à la petite de faire des conneries, tu sais elle a besoin de toi, au moins comprendre pourquoi tu es parti, je pense que ça peut l’aider ». Il dit qu’il n’a jamais reçu son fax et que sa secrétaire ne lui a jamais transmis aucun message de sa part. J’ai un peu du mal à y croire mais peut-être qu’il faisait attention, à cause de sa femme et de ses trois enfants.

Bon du coup c’est vrai que j’ai fait des conneries, fallait bien que j’attire l’attention d’une manière ou d’une autre, hein. Je te concède qu’arrêter de manger, c’était peut-être pas la meilleure idée, mais je dois dire que ça a quand même fonctionné, jusqu’au jour ou j’ai failli me jeter par la fenêtre du 4e et là j’ai senti que ça n’allait plus servir à grand chose si je m’éclatais le crâne sur le trottoir. Surtout en face du club de gym, ça aurait fait un drôle d’effet.

Quoi qu’il en soit il ne l’a jamais su.
Quand bien même on l’aurait mis au courant, pas sûre que ça lui ait fait ni chaud ni froid.
Il devait certainement être en train de soigner la varicelle de sa petite dernière. Ah oui! Je suis contente, moi qui voulait une petite sœur, j’ai appris que j’en avais une pour de vrai. Elle ne  le sait pas, mais moi oui, c’est déjà la moitié du chemin.

C’est vrai que ça n’a pas dû être simple pour lui, avec déjà trois enfants, et puis ensuite les deux autres, je ne vois pas trop à quel moment il aurait pu décider de leur dire: « Au fait, je ne vous ai pas dit, vous avez une sœur, c’est pas une excellente nouvelle ça les enfants?! » A Noël, bof, à l’anniversaire de l’aîné peut-être, ou bien pour le diplôme du 2e, peut-être que ça aurait pu trouver sa place entre le dessert et le café. Ils en auraient fait, une de ces têtes, les autres.

Ma mère, ce qu’elle en pense? Elle dit que ça lui est égal, de le revoir après tant d’années, mais au fond d’elle-même je crois qu’elle ne s’est jamais résignée. Je l’ai tellement vue pleurer, à l’époque je pensais qu’elle était juste triste de vivre dans une banlieue moche, avec le recul j’ai compris qu’on pouvait pleurer d’amour pendant une vie entière.

C’est qu’il en a fait du chemin, mon père! Disparu un beau matin, envolé, pire que la fille de l’air. Injoignable, délocalisé, il est devenu un sombre fantôme du passé, longtemps incarné dans mes traits et ma dégaine. C’est sûr que je lui ressemble, à André. Ça m’a fait un choc, de le voir en mars dernier. Grand, maigre, cheveux blonds et doigts de pianiste, on a tout en commun, et ce fichu caractère. « Vous êtes dure comme les Polonaises peuvent l’être » qu’il m’a dit. Je suis bien contente d’apprendre que je suis Polonaise, c’est exotique, et puis comme ça je sais d’où je viens. Aux prénoms qui composent ma généalogie j’y ai rajouté ceux de Tadeusz et Sofia. Tadeusz, ça, ça me plaît, un vrai prénom de roman. Je lui ai dit qu’il m’en avait fallu, du temps, pour retrouver sa trace. Il est coriace. « Comme vous », il m’a dit. Touché.

Quand on s’est quittés devant l’arrêt de bus au coin de la 2e et de la 67e, il m’a serré dans ses bras.
Il m’a dit à bientôt.

A bientôt, c’est ce soir.
Après 34 ans d’absence, mes parents vont se revoir.