Rompre

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Rompre.
Couper le lien.
Trancher dans le vif.
Diviser les biens.
Partager les souvenirs.

S’apercevoir que parfois, de ces années passées avec l’autre, hormis quelques photos, il ne reste rien. L’odeur s’est déjà évanouie, celle de sa peau, de ses baisers. On se rappelle de quelques bribes de conversations, mais rien qui ne soit gravé quelque part. Des moments furtifs, pas les plus importants, restent vaguement dans la mémoire. Des échanges futiles, autour de la table le soir, des paroles de pluie et de beau temps.

Où sont les mots qui comptaient alors?

Le sentiment, lui, a tout à fait disparu. Celui d’avoir voyagé ensemble pendant des mois, des années, des semaines. Les battements du coeur, l’attente fébrile, l’angoisse de l’absence, rien de tout ça ne semble avoir existé. C’est comme un désert blanc, une étendue plane sur laquelle se reflète l’illusion d’avoir été ensemble. Pourtant, il y a bien eu quelque chose, un vécu en commun, cette fameuse histoire, mais rien qui ait marqué la chair, rien de tangible, rien dont on puisse se saisir réellement, qui permettrait de brandir la certitude d’avoir aimé et de l’avoir été en retour.

Où vont ces choses qui disparaissent?

Ces fous rires que l’on croyait uniques et ces regards que l’on imaginait éternels, ces promesses jamais tenues, tout ce temps qui s’écoulait et qui semble aujourd’hui perdu à jamais. La fin d’un amour, c’est parfois comme un réveil en sursaut. On ne sait plus, l’espace d’un instant, si ce n’était qu’un rêve ou bien la réalité. Est-ce que cette histoire existe vraiment, si on n’arrive même plus à s’en rappeler l’essence? Pourquoi avoir vécu tout ce temps si au final, on a la sensation d’avoir dormi pendant si longtemps.

Je ne sais pas.
Peut-être qu’il existe quelque part un endroit pour les histoires qui ne devaient pas aller plus loin.
Un recoin caché, qui ne sert qu’à nous faire oublier que les ruptures existent, et qu’elles ne doivent surtout pas nous empêcher de recommencer à tomber amoureux, un matin, au coin d’une rue ou au comptoir d’un bistrot, et à se dire que cette fois, ce sera différent.

marie lagarde