5 bonnes raisons de faire un deuxième enfant

Dans une époque saturée  de familles monoparentales qui galèrent pour boucler les fins de mois et de couples union libre-1 enfant parce que c’est plus simple le jour où on veut se séparer, j’ai décidé de faire un deuxième enfant. Mon fiancé en ayant déjà deux, je me retrouve donc, à 36 bientôt 37 ans, à la tête d’une famille de 4 mômes, bientôt mariée avec un homme  brun aux yeux verts comme dans les magazines de ma mère, et flanquée d’un clébard aux poils blond vénitien. Pour compléter ce tableau pas loin d’être totalement idyllique, nous vivons depuis quelques mois dans une très jolie maison de la lointaine banlieue parisienne, nous mêlant ainsi aux jeunes (presque) quadra de notre espèce qui veulent s’encanailler au poney-club du village le dimanche à 11h avant d’aller s’en jeter un petit au bar de la place du marché.
Je ne sais toujours pas comment j’ai pu en arriver là alors qu’hier encore je traînais au Queen les bras en l’air et le ventre plat, mais là n’est pas le sujet, ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est de vous expliquer pourquoi, en ces temps perturbés, il fait bon de sauter le pas et de re-procréer. Parce que 10 ça fait trop, 3 pas assez, voilà donc 5 bonnes raisons de faire un deuxième enfant.

 

Je suis rejetée par mon aînéE

Ma première a déjà 8 ans et ne me regarde plus. Du jour au lendemain, c’est terminé, la chair de votre chair vous tourne le dos une fois qu’il/elle a eu ce qu’il/elle voulait, et ne revient vers vous qu’en mimant des gestes tendres quand il/elle a envie/besoin, au choix: d’une 10e tartine de Nutella, d’une nouvelle trottinette, d’un nouveau jean H&M, des ces super Van’s comme tout le monde à l’école, de se coucher plus tard, de jouer à la DS pendant 2 jours d’affilée ou de thunes pour s’acheter des magazines de pré-ado relou. Dites stop à la loose, un petit deuxième vous permettra de laisser le grand entamer sa crise dans sa chambre en levant les yeux au ciel pendant que ce bébé tout rond tout mignon vous regardera avec les yeux de l’Amour véritable et de la Dévotion suprême.

 

J’ai grillé tous mes RTT

Si toi aussi tu t’es mal démerdée niveau planning, tu  n’as plus de jours à poser. Heureusement que le congé maternité existe pour les mères mal organisées qui soldent leurs RTT le mercredi pour être plus proche de leur premier, adorable enfant qui vient de vous avouer que le mercredi en fait il aimerait plutôt aller traîner au centre de loisirs avec ses potes plutôt que de faire des pseudo-activités avec sa tendre mère et qu’on est bien gentilles mais ce n’est plus un bébé. Si on avait su, on l’aurait refourgué plus souvent  et on aurait profité de tous ces après-midi de récup pour aller se faire épiler. Heureusement que les 3 mois de congé sont là pour souffler: c’est le moment de  regarder l’intégrale des séries qu’on n’a jamais le temps de mater, traîner sur le canapé en rêvassant à cet été, se faire les ongles et essayer tous ces petits vernis qu’on vient de retrouver au fond du tiroir de la salle de bains et jamais portés.

 

J’ai toujours rêvé d’un 95D

Marre des soutifs rembourrés, je veux des boobs, je veux des nibards, je veux des seins! Je me rêve en Sophia Loren, en Sophie Marceau, en Monica Belluci, décolleté pigeonnant et sensualité assumée. J’ai trop peur du bistouri, j’aime pas les push-up, la seule solution, c’est de tomber enceinte pour vivre 9 mois de bonheur même pas siliconé (je ne compte pas les nausées). On n’a jamais rien fait de mieux que des seins gonflés par les hormones, fiers, tendus et ronds comme des ballons. Le naturel est une valeur sûre, je prône le retour à la procréation pour se reconnecter à sa féminité. On rajoute la peau lisse et brillante, les cheveux soyeux et la libido au top. Warning mauvaises langues! Si on vous dit que tout ça c’est des bobards, et si on mentionne les mots suivants: masque de grossesse, retour d’acné, cheveux filasses, et mycoses vaginales, fuyez. Ces expressions sont des légendes urbaines.

 

J’adore les sapes Monop’ pour bébé

Non mais vous avez vu ces petits bodies d’amour trop minouches? Ma fille ne s’habille plus qu’en slims et t-shirts branchés, alors que je rêve de petit pyjamas tout doux et de cardigans tricotés. Difficile de la convaincre de porter des couleurs joliment rétro, d’assortir le bas avec le haut, de porter des teintes douces comme l’amour et pas du vert fluo, à bas la bataille chaque matin pour l’encourager à affiner son style et pas celui de la voisine qui ne jure que par Violetta, profitez de ce petit deuxième pour assouvir tous vos fantasmes de sérial-shoppeuse et jetez-vous sans complexe sur les ventes privées, les soldes d’automne et d’été, les semaines du blanc et les promos d’enfer, roulez-vous dans des gigoteuses en lin froissé, sniffez les micro chemises et tuniques de votre tout petit. Kiffez.

 

J’ai besoin d’être adorée

Mon mec est blasé, mon boss préoccupé, mes collègues sous l’eau, mes potes carrément busy, plus personne ne me regarde avec des étoiles dans les yeux. Pour redorer votre blason, pensez bébé (non, la vendeuse qui vous affirme que cette jupe trois tailles en dessous de votre taille habituelle  ne vous boudine pas n’est PAS votre amie et ne vous adore pas.) Alors qu’un nouveau-né, qui ne demandera qu’à être dans vos bras et à vous regarder comme si vous étiez la réincarnation d’une déesse grecque, ça c’est bonus. Il vous adorera tellement qu’il ne voudra jamais vous quitter et qu’il ne s’endormira que dans votre lit mais c’est une autre histoire. En attendant, profitez, plongez dans son regard tendre, dites-lui que vous serez toujours là pour lui et jurez-vous de vous rappeler ces merveilleux moments lorsqu’il sera adolescent.

 

En un mot comme en cent, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Si vous laissez de côté les nuits sans sommeil, les gerbouilles sur vos pulls, les couches pleines, les vergetures, la cellulite qui part plus et le ventre mou, vous ne le regretterez pas, croyez-moi.

Un mètre trente-deux, vingt-sept kilos

Tu sais, ce n’est pas facile tous les jours.
Non pas que je ne t’aime pas, mais des fois, je me dis que ce serait plus simple sans toi.

Je me lèverais plus tard, pour commencer. Une heure de rab, j’ai bien compté.
Il n’y aurait pas le bol de céréales à préparer, les habits à assortir, les dents à laver, les cheveux à brosser, le cartable à vérifier, les gants, le manteau et le bonnet à ajuster, ni le cahier de correspondance à signer.

Je partirais tranquillement bosser. J’arriverais pile poil à l’heure, les doigts dans le nez.
Il n’y aurait pas de cartable à porter, plus de parents d’élèves à saluer, le nez à moucher, la directrice à écouter, la maîtresse à supporter,  les journées pédagogiques à noter, le goûter qu’on a encore oublié, ni la baby-sitter à rappeler.

Je ne penserais qu’à moi de la journée. Personne sur qui veiller, le pied.
Il n’y aurait plus de sursaut au moindre appel, pas d’enfant malade qui a vomi sur ses camarades, pas de genoux écorchés, de grippe ou d’angine à soigner, pas de pédiatre ni d’urgences ni de pompiers, pas de stress, ni d’angoisses à devoir gérer.

Je dépenserais mon argent pour moi. Les soldes privées pour enfants? Rien à cirer.
Il n’y aurait plus de petits pulls à devoir commander, de plein de chaussettes, de collants, de chaussures à changer parce que t’as encore grandi du pied, pas de ventes privées spéciales parce que tu as pris deux tailles ni de gants, pour la cinquième fois à racheter.

Je ferais des heures sup. Fini les contraintes, à moi les journées sans fin, et vive la liberté.
Il n’y aurait plus de patron qui note que je donne du temps à mon enfant et moins à sa société, plus de collègues qui me doublent dans les promotions parce que eux n’ont pas de bain à donner, plus de multi-casquette à porter pour être sûre de rentrer avec des légumes pour te faire à manger.

Je me vautrerais devant une série B. Ou j’irais boire un verre de dernière minute, sans rien programmer.
Il n’y aurait plus de discussion animée sur les derniers Disney, plus de miettes par terre et de serviette de bain qui traîne dans l’entrée, plus de range ta chambre et mets la table on va manger, plus de baignoire à rincer, plus de jouets à trier et de règles de politesse à t’enseigner.

Je me coucherais tranquille. Sans craindre le risque de passer une nuit agitée.
Il n’y aurait plus de câlins après le cauchemar, plus de couette à replacer sur tes pieds, plus de doudou à ramasser, plus de sirop pour calmer ta quinte de toux, plus de bataille d’oreillers, plus de c’est l’heure d’aller se coucher ni de réveil à trois heures du matin pour venir te consoler.

Le matin, tout recommencerait.
La vie serait simple.
Tellement simple.

Il me manquerait juste deux ou trois choses.

Des baisers un peu collants sur ma joue.
Des mains un peu poisseuses dans mon cou.
Des yeux toujours curieux levés vers moi.
Des questions bizarres que je ne comprends pas.

À quoi je servirais, s’il n’y avait pas tout ça?

Mon regard qui veille constamment sur toi.
Mes réponses qui t’assurent que je serai toujours là.
Mes bras qui t’entourent et te guident pas à pas.
Mes lèvres qui te murmurent tout l’amour que j’ai pour toi.

Un jour je te dirai tout ce que j’apprends grâce à toi, avec ton 1 mètre 32 de tendresse, et tes 27 kilos de sagesse.